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2 jours à Kinosaki


On a un peu de retard sur notre journal, mais pour de bonnes raisons. Ces deux dernières journées furent idylliques, féeriques, et Mel prend les 2h30 de train vers Kyoto pour essayer de bien mettre en mots tout ce qu’on a vécu. Elle est bien contente de ne pas avoir le mal des transports dans le train pour rentabiliser tout ce temps de voyage (même le bus n’est pas si pire, les routes étaient vraiment mieux entretenues qu’au Québec). Sinon, les blogues seraient vraiment moins longs !

Note de train : d’ailleurs, c’est super cool, les bancs de train peuvent virer de bord avec une petite pédale, puisque souvent les trains arrivent à un terminus et font juste repartir dans l’autre sens. Il y a souvent des wagons de conducteurs aux deux bouts, et les trains ont souvent 2 longueurs possibles (par exemple 7 ou 11 wagons) et s’ajustent selon l’achalandage. Ce qui peut être un peu mêlant quand on essaie de trouver notre bon wagon ! Hugo a eu la brillante réalisation que c’est probablement pour cela que, lorsqu’on utilise notre carte IC (carte de transport en commun), on scanne à l’entrée ET à la sortie; cela doit donner des stats super pratiques sur le trafic. Également, aller aux toilettes dans un train c’est un peu métal, vu qu’elles se situent aux jonctions des wagons et que ça shake comme le Monstre à La Ronde.

Jour 1: 25 mai

On se lève tôt comme toujours pour prendre notre train de 2h vers Kinosaki Onsen. On avait vraiment, vraiment hâte de ces 2 jours que nous passerions là-bas, qui étaient un peu LA destination de notre lune de miel. Ce village historique est réputé pour ses sources d’eau chaude naturelles (onsens) et ses auberges traditionnelles (ryokans). Plus particulièrement, il y a eu un gros virement municipal pour être plus ouverts aux visiteurs, puisque c’est un village vivant exclusivement du tourisme. Entre autres, les ryokans incluent normalement une passe permettant de visiter les 6 (normalement 7, mais un est en rénovation) onsens publics, et les gens tatoués sont admis, ce qui est très rare.

Le paysage à Kinosaki n’a aucun bon sens. Miyajima était incroyable, mais ici c’est un autre niveau. Une rivière sépare la ville en plusieurs parties, bordée de cerisiers et de saules. Tout est en pavés de pierre, avec de nombreux ponts historiques. Les bâtiments sont, évidemment, magnifiques, beaucoup d’efforts étant mis pour avoir un look traditionnel. Avec les montagnes en arrière-plan et les visiteurs se promenant en yukata, on se croirait dans une carte postale. Note cute : on voit souvent des mini chiens en poussette au Japon.

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On se trompe d’adresse pour notre ryokan, notre application de voyage (Wanderlog) ayant inventé une adresse d’une autre auberge. On finit par corriger le tir, on va porter nos bagages et on a un 4h à tuer. On magasine notre resto pour dîner avec Tabelog, et on choisit un resto de burger de viande wagyu (la sorte de Tajima populaire ici, qui est la ville d’origine de ces bœufs). Un peu coûteux, mais très bon; la viande goûte décidément différemment du bœuf standard.

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On continue à explorer. On visite un musée sur l’histoire de Kinosaki, où on apprend plein de choses cool; il y a entre autres des pamphlets touristiques et des cartes centenaires faisant la promotion de cette ville ! On visite aussi un musée de l’art de la paille, où on tombe en amour avec cet art traditionnel qui rappelle un peu la marqueterie, en vraiment plus complexe.

Défi 2

Prendre une photo avec une sculpture locale (celle-ci date de plusieurs siècle!)

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Enfin, Mel finit sa quête ultime : trouver une sacoche faite au Japon ! On tombe par hasard sur une petite boutique adorable, où un couple de personnes âgées fabrique des sacs avec des tatamis et du tissu de kimono recyclé. Mel tombe en amour avec un sac fait avec du tissu découpé et retissé (Sakiori), et le monsieur était tellement reconnaissant ! Tellement que quand on est repassés devant par hasard le lendemain, il a appelé sa femme pour nous remercier encore avec un enthousiasme qui donnait l’impression qu’on venait de les sauver de la faillite. Et quand le surlendemain on est retournés pour prendre une photo, cette dernière était tout aussi exubérante et a insisté pour nous serrer la main et être dans la photo. Oubliez les chiens et les enfants : c’est les aînés qui sont les plus cutes et gentils au Japon.

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Ensuite, on relaxe dans un petit parc le temps qu’on puisse faire notre check-in à l’auberge. Il y a un petit bâtiment communautaire où des aînés discutent tranquillement, et des enfants qui font des niaiseries dehors, l’école étant terminée (on croit); kids being kids. Note : on remarque des genres de chaînes à pluie, permettant à l’eau de s’écouler des gouttières, qui tombe dans de petits pots de pierre. Le son doit être super quand il pleut !

Enfin, on arrive au ryokan, qui est l’hébergement le plus luxueux qu’on a loué. C’est… super épuré, traditionnel, avec certains membres du personnel qui parlent très bien anglais et nous indiquent patiemment quoi faire. On se fait kidnapper nos souliers (littéralement), on se fait entraîner rigoureusement sur quelles sandales utiliser où (l’extérieur, l’intérieur, les toilettes, etc.). La chambre est magnifique, très grande, avec des sections séparées par des panneaux coulissants.

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On se fait donner nos yukatas. Il s’agit du seul point négatif de ce ryokan, on en parlera plus tard. Normalement, les femmes peuvent choisir le motif de leur yukata, mais c’est apparemment le seul de cette taille (Mel a la plus grande taille possible ?); il est heureusement très beau.

On essaie le onsen privé dès notre arrivée, car il y en a plus de 4 dans cette auberge et on veut essayer le plus beau spécifiquement, qu’on a vu sur le site, et on se doute que ce sera vide à cette heure-là. C’est INSANE. L’expérience de pouvoir prendre un de ces bains en couple, avec une vue sur l’extérieur, nus mais en toute intimité, c’est quelque chose de fou. Voici une photo du site de l’auberge, vu que on a oublié d’apporter notre appareil:

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On retourne à notre chambre se changer dans les yukatas pour sortir explorer et aller dans les onsens publics. Pour les femmes, il y a 2 sortes : la version unisexe et le yukata fancy plus complexe, mais très beau. Ils ont définitivement mal estimé nos tailles, Mel ayant un vêtement beaucoup trop large (5XL, même en taille japonaise c’est intense) et Hugo trop petit (il a de l’eau dans la cave et le haut baille). Par contre, le fancy est complexe à mettre, et on doit appeler une employée pour qu’elle nous aide. Moment un peu gênant car ça prend beaucoup de temps; on réalisera plus tard qu’il est vraiment, vraiment trop grand, ce qui explique la complexité de le mettre et le fait qu’il tombait weird.

Mais bon, on y arrive, et on sort enfin ! On doit mettre les sandales traditionnelles, qui sont l’enfer : en bois avec une ganse tenant le tout après le gros orteil (des getas). Ça fait « kaklak kaklak » quand on marche (c’est quand même cute d’entendre ce son dans la rue tout le temps) et ça nous empêche d’aller très vite, ou très loin en fait. On comprend pourquoi ils utilisent le terme « stroll »; même si on voulait, on ne pourrait pas s’enfuir.

On se sépare au premier onsen, qui est le plus simple, mais le plus chaud. Et quand on dit chaud, c’est brûlant : on en ressort rouge comme une tomate et il faut y entrer étape par étape. C’est une drôle d’expérience, un si grand endroit avec une ou deux douzaines de personnes se lavant aux petites douches personnelles, ou chillant sur le bord ou dans le bain.

Ça se complexifie à la sortie. Mel regrette son choix d’avoir voulu mettre le yukata fancy. Elle n’arrive pas à le mettre comme il faut ! Il y a trop de tissu, ça tombe tout croche, c’est indécent. Et LÀ, une petite madame semble perdre patience et décide de l’aider. Imaginez la scène : Mel en sous-vêtements, rouge tomate, marmonnant gomen nasai en repeat, avec une madame de 80 ans minuscule totalement nue qui l’empoigne, gosse dans le tissu, la fait tourner, avec évidemment 0 anglais. Sous le regard de 3-4 autres petites madames toutes nues qui commentent et approuvent. À la fin, l’habilleuse improvisée finalise en lui tapotant les épaules, hochant la tête, satisfaite de son œuvre. Mel, elle, comprend maintenant tout le concept de la honte japonaise et se dit qu’elle vient d’humilier 5 générations de ses ancêtres.

Mel retrouve Hugo dans la salle d’attente commune, qui n’en peut plus et trouve ça hilarant, évidemment. Nous prenons quelques minutes pour relaxer après ça, en buvant un genre de lait tonifiant classique des onsens. On décide de retourner à l’hôtel pour que Mel enfile le yukata simple, le même que Hugo, avant d’aller vers le deuxième bain.

Celui-ci est vraiment beau, avec une genre de grande grotte en semi-plein air. On ne peut pas prendre de photo, évidemment. Mel se fait une amie improvisée, une madame japonaise qui a beaucoup voyagé et parle bien anglais. Hugo trouve cela drôle, car il l’entend dire des mots comme « ours » et « poutine », les bains étant séparés mais le mur n’étant pas joint au plafond, faisant qu’on entendait souvent de l’autre côté. La conversation était quand même drôle, la madame avertissant Mel que les ours pouvaient descendre dans les villes maintenant, et demandant quels ours il y avait au Canada ! On discute de nourriture, de destinations de voyage, de taxes (oui oui, elle voulait savoir l’opinion de Mel sur Trump). Heureusement, elle parvient à remettre son yukata comme une grande !

Nous nous rejoignons ensemble, la salle commune est au 2e étage, et la vue est belle. On trouve les fameux fauteuils de massage et on décide de les essayer ! Constat : c’est un peu étrange, mais la complexité des moteurs est vraiment impressionnante. Hugo trouvait ça trop rough dans le dos, et Mel étant trop petite, elle ne pouvait avoir correctement aucun des massages des mains ou des mollets. Mais au final, c’était quand même agréable !

On doit chercher (péniblement, nos sandales de bois étant nos nemesis) pas mal un endroit où souper. Le Japon étant le Japon, les heures d’ouverture sont vraiment weird, tout ouvrant toujours tard et fermant tôt. On finit par trouver un petit resto-pub classique, et on déguste un riz frit au crabe, des edamames et un pain fourré au bœuf grillé (classique de la région) avec une bière et un drink qu’on retrouve partout nommé Chûhai (eau pétillante avec du shochu). Un peu cher, mais quand même taste!

Épuisés de notre grosse journée de vacances et de relaxation (haha), on n’arrive pas à franchir la barre de 22h, et on se couche sur nos futons, qui ont été installés là pendant notre absence. 17k pas, une petite journée !

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Jour 2: 26 mai

On se lève vers 7h, et on profite d’un dernier onsen privé de l’auberge avant de partir. Comme on doit se savonner avant chaque bain, on n’a jamais été aussi propres qu’au Japon en tout cas. Nous allons porter nos valises au prochain ryokan; celui-ci ayant été choisi pour le repas du soir épique qui va nous attendre. Le look est un peu plus vieux, tacky, et le propriétaire insiste pour prendre plein de photos de nous sur nos appareils; il est décidément habitué à gérer des touristes.

On a pas mal de temps à tuer, et on a fait les deux gros musées la veille, alors on tente d’aller dans des endroits un peu plus en nature mais… sans succès. Hugo a mal à la cheville, donc on oublie la grotte cool se situant dans le coin, mais qui est éloignée. Et quand on a voulu prendre un téléphérique pour aller au sommet de la montagne, celui-ci était brisé !

Nous allons quand même voir un des temples qui est accessible facilement. Il est plus vieux, tout en bois, et date du 16e siècle. Il est moins bien entretenu que les gros qu’on a visités avant, mais on aime le feeling plus réaliste, et en partie en nature.

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On mange quand même un petit meat bun (brioche à la viande) à la vapeur, et on arrête dans un café un peu trop fancy. Leçon apprise : au Japon, le terme « café » est toujours fancy et cher, pas du tout comme ceux au Québec. Les desserts étaient bons, mais pas worth it. Le paysage est beau par contre, c’est sur le bord de la rivière, plus loin de l’arcade centrale, et ici, chaque maison et commerce a son propre petit pont personnel, ayant dans leur dos la montagne. /images/kinosaki%202/ponts%20kinosaki.jpg

À Kinosaki, puisqu’il y a plein de sources d’eau chaude, il y a aussi des genres de canaux spécifiques pour ça ! C’est tellement étrange de se tenir proche d’un de ces canaux et de sentir la vapeur en sortir. On tombe par hasard sur un endroit awesome : une fontaine-roche qui sert de sortie d’eau justement, avec une station permettant de rediriger la pression de l’eau. Qui est à 81 °C ! Mel est vraiment contente d’essayer une petite attraction locale : on achète un œuf et on le fait cuire à la coque dans un puits prévu à cet usage. Ah et en plus, à une dizaine d’endroits dans la ville, il y a des bains de pieds chauds venant des sources, qu’on en profite pour tester. Awesome !

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On erre un bon moment, puis enfin on peut check-in. Le nouveau ryokan finit par capturer notre cœur, malgré qu’il soit plus cheesy. Ils nous ont donné une chambre plus petite finalement, sans nous le demander, mais vraiment moins chère (et elle est immense pareil), donc on est OK avec ça. C’est visiblement une entreprise familiale, et ils nous expliquent une tonne de petites traditions et tout. Mel peut enfin choisir un yukata (qui lui fait), et la madame lui met efficacement en lui expliquant; cette fois-ci, elle pourra le remettre seule, yeah ! On a droit à un mille-pattes surprise dans notre chambre (qui fait plus peur à eux qu’à nous). La vue est absolument insane, direct sur l’une des rues touristiques, et c’est très mignon.

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On participe à une petite cérémonie du thé un peu kitch mais cute, avec la mère du propriétaire. Il y a aussi deux onsens privés. On en essaie un, et il est très beau, avec une section en extérieur direct devant un jardin avec une petite chute sur de la roche. Nous prenons ensuite ça relax, avant notre souper épique.

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Qui fut absolument légendaire. Plus de 9 services, avec une tonne de delicacies locales et uniques. Sashimis (y compris de crevettes), crabe, soupes, grillades de wagyu, hot pot… On est aux anges; c’est un peu le souper qui célébrait notre mariage pour nous !

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Nous ressortons ensuite pour tenter de faire le plus de onsens publics possible. Les sandales de cet auberge sont plus modernes un peu, donc bien plus confortables. L’habillement se déroule heureusement sans heurt, Mel étant maintenant une experte pour attacher son yukata. Le premier onsen était très grand, mais avec rien de spécial. Par contre, le deuxième était splendide; on avait très hâte de le faire car juste l’extérieur était magnifique, ressemblant à un immense temple traditionnel. Et les bains ne nous ont pas déçus. Ils étaient ouverts sur l’extérieur, avec une vue sur la montagne et la falaise, et l’air frais faisait un contraste délicieux avec l’eau de l’onsen. Du côté de Hugo, c’était assez simple, mais le côté des femmes avait aussi une immense chute de près de 10 mètres d’eau chaude, qui tombait dans le bain directement. Mel y serait restée des heures !

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Mais… le devoir nous appelle, car on veut, pour la soirée, soit aller voir un 5e onsen public (on sait qu’on n’aura pas le temps de faire les 6 malheureusement), soit le 2e bain privé, apparemment unique, de notre ryokan s’il est libre. Et c’est notre chance, il l’est ! On essaie donc le petit onsen de notre auberge, qui imite une grotte souterraine. C’est assez étouffant (on préfère décidément quand il y a un côté ouvert, qui rend l’air moins chaud et humide), mais on rit beaucoup car on trouve un… not-so-small crabe sur une pierre dans le bain ! Après avoir vérifié qu’il était bien vivant (et c’était le cas), on a averti le propriétaire qu’il y avait un petit crabe dans son bain (de presque 10 cm). Il panique bien plus que nous, et se confond en excuses.

Après cette oh! terrible et épuisante journée de vacances (on était bien contents de ne pas faire de train, et just 13k pas), on se couche dans des futons une nouvelle fois; nous nous habituons quand même bien à ces lits un peu plus raides, mais aux couettes ultra épaisses et moelleuses qui les recouvrent.

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