
Le bus terrifiant, et un souper parfait à Hakone
Aujourd’hui, c’est une journée de… transport tranquille. Enfin, façon de parler. On se lève assez tôt et on dit au revoir sans trop de regrets à notre chambre trop petite d’Osaka, puis on décolle vers le mont Hakone ! Dans le plan initial, on devait arriver à Hakone la veille, mais comme on a dû modifier notre journée pour Universal Studios Japan, on a dû rester un jour de plus à Osaka.
On prend donc le plus long Shinkansen qu’on ait pris jusqu’à présent : presque 3 heures ! On en profite pour goûter à de nouveaux Ekiben (les boîtes à lunch des gares). Cette fois-ci, c’est la sorte magique : quand on tire sur une corde, ça active une réaction chimique et le plat se réchauffe tout seul comme par magie ! En plus, le repas semblait plus safe (yark, souvenir du shot de saké matinal de notre premier train), du riz avec du bœuf sucré. Au final, c’était une belle expérimentation, même si Mel s’est violemment brûlé les doigts en l’empoignant dès la première minute, ce qui était quand même un peu cave, haha.

On arrive ensuite dans la ville de Hakone, pour attraper de justesse le bus nous menant jusqu’à l’hôtel. Il est bondé, ce qui nous oblige à rester debout mais… sincèrement, ce fut la run du cauchemar. Le conducteur est visiblement un grand fan de Mario Kart : il roule surprenamment vite dans des courbes impossibles à imaginer au Québec, frôlant presque les autres voitures avec une adresse digne de Rapide et Dangereux. Les changements de vitesses et de direction sont si intenses qu’on doit empoigner les barreaux à deux mains, coincés entre nos bagages et d’autres passagers, pour éviter que le bus ne se transforme en jeu de quilles. On en sort en tremblant, en se promettant que demain, on se déplace en train ou en taxi !
On débarque ensuite dans le très modeste petit village d’Ohiradai. Et là, on se rend compte que… le trottoir est minuscule sur cette route où tout le monde se prend pour un pilote de course, et que notre ryokan (auberge traditionnelle) est à 10 minutes de marche à l’extérieur de la sécurité du village. Après s’être trompés de route et avoir gravi puis descendu une pente abrupte en soufflant, on finit par trouver notre hébergement, après avoir prudemment longé la route en espérant survivre.

Le ryokan est… correct. Je pense qu’on a été gâtés à Kinosaki parce que, ici, on trouve que le style « moderne fusion » fait un peu cheap. C’est comme s’ils poussaient pour avoir l’air luxueux, mais que le feeling n’y était pas tout à fait. Tout est quand même super propre, cute et confortable. La chambre est petite, avec juste une seule chaise pour regarder dehors (pourquoi pas deux, coudonc ?), mais la vue est superbe. Il y a une cuisine commune, un bain de pieds, une salle de détente, et 2 bains publics.

On décide, malgré notre grosse journée de transport, de retourner vers la ville principale pour souper, puisqu’il n’y a littéralement rien au village ou des repas congelés à l’hôtel. On ne le regrettera vraiment pas ! Juste la ride de train pour y descendre est incroyable. C’est un train touristique rouge (le Hakone Tozan Switchback Train), qui fait des zigzags directement à notre station ! Comme il n’y a qu’une seule voie, les trains inverses doivent sans cesse se stationner dans des sections spéciales pour reculer, changer de direction et laisser passer les autres. C’est vraiment cool, et la vue est splendide à travers les grandes baies vitrées.

En général, ce coin est magnifique en fait. On est vraiment dans la montagne, et on peut voir partout les pentes recouvertes de forêts denses et humides, bien plus denses que ce à quoi on est habitués. On ne se tane pas de ce paysage montagneux, et c’est awesome de respirer un air aussi riche et pur; enfin de la vraie nature !

On soupe à un resto recommandé par notre auberge, le Kinosuke, et… c’est probablement le meilleur repas qu’on ait mangé au Japon jusqu’ici ! Du bœuf cuit à la perfection, des accompagnements faits maison, tout était malade. On a presque regretté de ne pas avoir pris une assiette de Wagyu, convaincus qu’ici, on aurait pu le goûter pour de vrai. On a même pris du saké, qui était servi dans de petites coupes magiques avec un dessin de cerisier qui fleurissait (le motif change de couleur) quand on y versait l’alcool frais. Mel a littéralement trempé ses bouchées dans du vrai wasabi, réalisant maintenant que celui du Japon est doux et savoureux, juste comme une excellente moutarde de Dijon en meilleur, et Hugo s’est découvert un goût pour le steak saignant. Juste wow !

Note amusante, on avait comme voisin 2 touristes dont on devait se forcer vraiment fort de pas rire. Car le gars, un genre de hipster qui parlait trop fort, semblait vouloir crouser la femme qu’il venait de rencontrer. C’était l’incarnation de l’explorateur prétentieux qui disait des trucs comme (traduction libre): “Mais tu sais, les touristes, ne comprennent pas la tonalité et la profondeur de la langue ici”, “J’ai des racines françaises, je préfère vraiment la cuisine fancy”, et etc. On aurait peut-être du aller sauver la pauvre fille!
Après… bien repus, on retourne à notre hôtel. On teste les onsens (bains thermaux), qui sont corrects mais sans plus (on est rendus difficiles, on s’en rend compte !). Au moins ils sont vides, donc c’est plus relax. On pouvait même se jaser dans le bain extérieur, les sections homme/femme étant séparées seulement par une palissade de bois.
C’est l’heure du dodo, car demain on a une très grosse journée d’exploration de la région. On doit installer nous-mêmes nos futons, ce qui n’est pas bien compliqué, et on se couche enfin. Mais… les murs sont en carton, et les voisins ont décidé qu’ils fêtaient toute la nuit (c’était la gang de la chambre d’à côté qui parlait fort dans le bain extérieur, ce n’était pas trop clair). On dort mal, un peu déçus que le personnel ne soit pas intervenu, mais on était trop fatigués pour aller chialer nous-mêmes. On vit avec ça !